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 - When the sun goes down. [PV]

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Edward P. Rilke
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MessageSujet: Re: - When the sun goes down. [PV]   Lun 14 Avr - 12:13

E sentit dans le creux de son être une dizaine de questions renaître des cendres des précédentes. La principale était, bien entendu, ce qui allait désormais se passer, étant donné qu'il venait d'indirectement refuser une relation continue avec elle, qu'ils s'étaient embrassés, et qu'il avait débité une suite de tirades peut-être quelque peu surprenantes. Dans ses yeux, une certaine inquiétude se reflétait à l'idée que les évènements de cette fin de soirée pourraient perturber l'ensemble de leur amitié, de ce lien encore si ténu qu'ils avaient créé au fil de la conversation. Non. Il fallait évidemment reprendre tout cela, appliquer des points de souture là où les plaies étaient les plus intenses et regarder d'un oeil distancié ce qu'il venait de se produire. Et ce fut, au sens propre, ce que fit A. Elle détacha ses mains de son visage, mais avec une telle douceur qu'il ne put considérer ce geste comme un rejet brut ; c'était au contraire le mouvement qui leur permettrait à tout de prendre une longue et nécessaire bouffée d'oxygène. Aussi y eut-il quelques minutes de silence, pendant que chacun regardait ailleurs, sans un mot, presque sans un souffle, réfléchissant. Le fait qu'elle n'eût pas contredit ou nié ce qu'il avait exprimé montrait qu'il avait touché juste en parlant d'une relation passée ; cela éveilla sa curiosité à propos de ce passé amoureux qu'elle avait, au sujet de l'identité de l'homme mais surtout de ce qui avait pu la blesser. Quelques secondes de plus le menèrent à l'hypothèse la plus vraisemblable : une femme est blessée au plus vif quand elle est trompée par celui qu'elle aime. Voilà donc ce qu'il s'était passé. Ses yeux s'écarquillèrent quelque peu car, si cette hypothèse était avérée, cela voulait dire que la confiance qu'A pouvait accorder aux autres devait être limitée, et donc que celle qu'elle avait mise dans E était d'autant plus précieuse. Il eut envie de s'approcher, de remercier, de faire quelque chose et n'importe quoi, mais il se retint, respectant la distance toujours indispensable au recul. Quand elle s'assit sur le sofa, il revit la scène précédente, en un éclair, la scène du baiser, telle que Klimt ou Rodin l'avaient représentée. Le silence était intense sans pourtant être lourd, et les battements de coeur d'E furent surpris par la soudaine prise de parole de la jeune femme. Elle s'excusait. Et dans ses yeux, il lut tout ce que ces mots signifiaient, tout ce que cette avancée montrait. Il hocha de la tête, d'un mouvement presque imperceptible, puis répondit brièvement.

E - Je m'excuse également. Un homme de mon âge devrait être plus apte à se contrôler et à savoir ce qui vaut mieux pour une relation. Ca ne se reproduira pas.

Il parlait d'une voix extrêmement assurée, malgré le trouble que causait en lui ces mots ; son ton était ni bas, ni élevé, et l'expression de son visage était à un tel point impassible qu'on aurait pu la croire froide. Tout cela, bien sûr, était fait pour qu'elle comprît sa sincérité et qu'elle ne crût pas une seule seconde qu'il s'était moquée d'elle ou que son seul but avait été de l'entrainer sur l'oreiller avant la fin de la soirée. C'était bien quelque chose qu'il redoutait chez les femmes, à cause de sa célèbre réputation d'homme à femmes. Et puis, elle parla.

A - Ecoute. Je ne veux pas que l’on reste sur - ça. Oublions. Je ne veux pas te perdre, je ne veux pas t’oublier et je ne veux surtout pas partir sur une mauvaise note, et qu’un jour, la rancune prenne le dessus et que l’un de nous deux, décide de ne pas donner suite à notre amitié. Je ne veux pas. Une situation tel serait bien trop compliquée et douloureuse. Je l’ai vécu, ou plutôt je le vis. Tu es la première personne, depuis longtemps, qui a réussi à me faire vraiment sourire. Alors ne gâchons pas tout. D’accord ?

Tirade superbe. Les mains de la jeune femme, posées sur son visage, avaient retourné la situation en l'obligeant désormais à la regarder et à écouter ce qu'elle dirait. Il acquiesça d'un signe de tête, heureux qu'elle aussi soit disposée à continuer leur amitié malgré ce qu'il venait de se passer. Un sourire tout à fait surprenant vint détendre son visage, et il prit les mains d'A dans les siennes, avant de les lâcher, dans l'air, d'un geste si délicat qu'il eut presque l'impression de visionner une séquence au ralenti. Puis lui-même s'exprima, pour confirmer ce qu'elle avait certainement déjà compris.

E - Je suis évidemment d'accord, sauf sur un point. Je ne pourrai pas oublier cette soirée, ni en aucun cas, le baiser. Certes, nous savons désormais que notre amitié n'ira pas au-delà des frontières, mais cet instant, qui n'est pas à mes yeux un accident mais un incident - c'est la connotation qui change entre les deux mots -, ne fait que renforcer le lien que nous avons créé ce soir. On a ainsi pu se rendre compte de l'envie de chacun d'avoir une réelle amitié, forte et de longue durée. Maintenant, viens-là.

Il la prit dans ses bras, et il resta ainsi pendant quelques longues minutes, savourant à la fois la présence de la jeune femme, et les réconciliations que ce geste achevait. Puis, ils s'éloignèrent et E jeta un bref regard à sa montre, affichant avec une certaine moue sa désapprobation vis-à-vis de l'heure. Il était effectivement tard et son épuisement l'empêchait absolument de la raccompagner jusqu'en dehors des grilles, là où elle pourrait transplaner. Il lui proposa alors, avec un merveilleux sourire, de dormir dans son lit, tandis que lui dormirait sur le canapé. Cela leur permettrait de prendre le petit-déjeuner ensemble puis de se quitter après une bonne nuit de sommeil, reposés et de bonne humeur, prêts à poursuivre une amitié temporairement mise en péril. Une fois qu'elle eût accepté, il mit les choses en place, prit une couverture et un oreiller, s'allongea, le sommeil suivant promptement. Le lendemain fut aussi beau que cette soirée : un petit-déjeuner complet, quelques plaisanteries et de nombreux sourires vinrent illuminer leur matinée, avant qu'il ne l'accompagnât effectivement là où elle pouvait transplaner. Les 'au revoir' furent joyeux, contrairement à ce qu'ils auraient pu être la veille. Bise. Bye. End.
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