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 CORRESPONDANCE |E+S|

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Edward P. Rilke
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MessageSujet: CORRESPONDANCE |E+S|   Lun 24 Mar - 22:52

Ci-dessous, une correspondance soigneusement conservée par les deux personnages concernés, Edward P. Rilke et Sakura R. Harada. Elle se situe dans le passé, puisque durant les cinq années d'exil aux USA du premier, exil suivant de peu la relation passionnelle menée avec la jeune femme pendant qu'elle était encore à Hogwarts. En effet, ils ont sept ans de différence, sept ans déterminants qui pourtant ne les séparent pas. Place aux lettres.
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Edward P. Rilke
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MessageSujet: Re: CORRESPONDANCE |E+S|   Lun 24 Mar - 23:05

New York.
Le 6 avril 2006.












Ma si chère Sakura,

Aujourd'hui comme hier, le vent a fortement soufflé sur les grattes-ciels de New York. Evidemment, ce n'est qu'au moment de la pluie que tout s'est compliqué : tu peux aisément m'imaginer, retenant difficilement mon parapluie au bout des doigts, et finissant par le fermer et mettre une capuche plutôt que d'ainsi continuer mon étrange et épuisant ballet. Les élèves sont également parvenus en cours, mais tous pareillement trempés, de la tête aux pieds, et il faut dire que le spectacle était assez amusant. Nous avons pris dix bonnes minutes du cours à tenter de nous sécher avec ce que nous avions, après quoi j'ai repris la classe en main pour repartir sur Hemingway. Heureusement, ils ont par la suite été extrêmement attentifs.

Je les connais d'ailleurs de mieux en mieux, et même si les amitiés ou plutôt les aventures entre professeurs et élèves sont très fortement réprimandées, nous nous parlons de plus en plus librement et cela m'est extrêmement agréable. Je déteste cette habitude qu'a le système éducatif d'éloigner professeurs et élèves en faisant de ces mêmes êtres humains deux catégories différentes qui ne peuvent par conséquent que se haïr ou se mépriser. J'ai donc éliminé cela, et le fossé disparaît peu à peu, dans chacun de nos sourires et de nos plaisanteries. J'ai ainsi fait la connaissance d'un groupe d'élèves qui va souvent dans le bar d'à côté, typiquement américain, avec des tables accueillant quatre personnes sur deux banquettes qui se font face, un comptoir autour duquel s'installent les habitués, et des pancakes dès six heures du matin. C'est devenu officiellement mon lieu favori et j'y passe de plus en plus de temps. C'est d'ailleurs là que j'ai lu, à la huitième page du quotidien, que la situation politique en Angleterre comme en Irlande semble mitigée : y'a-t-il de réels problèmes ? N'étant pas sur place, je ne peux que me fier à ce que tu me raconteras, bien que j'ai quelques souvenirs des débuts de cette agitation.

Que te dire de plus ? Mon salaire est toujours modeste, bien que nettement plus élevé que dans les deux autres universités des dernières années. Mon loft, cependant, me convient tout à fait, et je le personnalise au fur et à mesure du temps : ne pourrais-tu, d'ailleurs, m'envoyer une photographie pour que je la colle sur mon mur, ou même une carte postale ? J'ai envie d'avoir une trace de toi là-dessus.

En effet, tu me manques énormément. J'ai promis de ne plus en parler mais mes lèvres ne peuvent rester scellées pour toujours : j'ai beaucoup repensé à ces longs mois que nous avons passés ensemble, longs comme éphémères d'ailleurs, puisqu'ils ont disparu en moins de temps que je n'aurais pu le penser. Tu me manques, oui, maintenant plus que jamais, et le véritable bonheur dans mon être est causé par la certitude suivante : ce n'est plus la passion destructrice, l'amour fusionnel, blessant et meurtrier, qui envahit mon coeur, mais au contraire une amitié profonde qui ne disparaîtra, je pense, jamais. J'ai envie de retourner en Europe simplement pour te voir : quelle idée que cet exil de cinq ans que je me suis fixé ! Il n'en reste plus que deux et cela me semble pourtant être une éternité.

Donne-moi vite des nouvelles.
Je t'embrasse.

P
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Sakura R. Harada
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MessageSujet: Re: CORRESPONDANCE |E+S|   Mar 25 Mar - 1:13

    Angleterre.
    Le 8 Avril 2006.



    _________Mon cher Eddy,

    __Je ne peux toujours pas te révéler le lieu où je me trouve, le Ministère étant toujours à notre poursuite, mes fidèles et moi même changeons souvent de repère. Mais je peux déjà t'annoncer que l'humeur entrainante est à la fête, et bien que mes pensées soient aux deux extrémités, je continu ma mission, espérant trouver une fin à toute cette histoire qui me semble pourtant sans limites. Alors que j'aperçois la lumière, je sens les ténèbres m'envahir davantage. C'est étrange cette sensation qui m'entoure. Yuki me dit souvent que celle qui sommeille en moi est redoutable, mais jamais je n'ai su lui faire face, son regard aussi vif qu'un rubis ne m'a jamais atteint en comparaison de toutes ces âmes, qui, à jamais seront perdues.
    __Je ne peux me réjouir de ce que j'ai accompli, néanmoins, lorsque j'écoute tes paroles si douce, si pleine de vie et de rébellion à la fois, je me sens plus sereine. Alors que le chaos se répand de plus en plus dans ce monde, je peux percevoir de la joie dans une autre contrée, et c'est une motivation d'autant plus suffisante pour continuer. Je n'ai jamais été d'une grande finesse lorsqu'il s'agissait de faire des choix, d'ailleurs, j'ai toujours suivit ceux qu'on me dictait sans prendre la peine de peser le pour et le contre – je n'en avais pas la force.
    __Je te laisse imaginer les batailles fructueuses qui s'acharnent en ce moment même en Grande Bretagne ; chaque jour, je me vois confrontée à une nouvelle personne ainsi qu'à mon pire ennemi : moi même. Celui qui veut ma vie me poursuit alors que je tente de me fuir moi-même. Ce Lini est pourtant une personne peu commune, mais je pense qu'il amuse 'Rei', car c'est ainsi qu'elle se fait appelée. Je pense qu'un jour, alors que le soleil se dirigera plus vers ton pays, je serais figée par ma propre peur, à un tel point que j'en perdrais tout mes moyens, laissant Rei au dépourvu. Ce jour là, Lini sera content, il pourra accomplir son devoir, sa mission.
    __Je ne sais comment le décrire, mais j'en suis persuadée, je finirais entre deux murs avec la misérable sensation de néant. Je pourrais alors sentir le bonheur s'envoler, s'extirper de mon corps pour pénétrer dans celui d'un exécrable Détraqueur. Et puis dans le fond, je me dis que c'est tout ce que je mérite.
    __Tu sais cette misère, ce chaos qui nous enveloppe tous, je pense en être la source. Mon père avait peut-être prévu tout ceci dans son plan de conquête du monde, si seulement il était encore en vie, peut-être parviendrait-il à répondre à mes questions qui ne cessent d'augmenter. Tu sais, c'était vraiment une personne affreuse, et.. malgré ce que tu as pu voir de moi lors de mes seize ans, il m'a métamorphosée. Je ne suis plus cette petite adolescente imaginative qui voyait le monde en rose, qui rêvait à chaque seconde davantage. A vrai dire, Rei me trouble, elle m'enveloppe comme dans un autre endroit, un monde parallèle, qui ne m'appartient pas, qui me rend mélancolique et nostalgique, à un tel point que je ne sais plus me définir. Je ne sais même plus définir ce chaos dont tout le monde parle.
    __Parfois, il m'arrive de songer à Poudlard, à cette magnifique école où j'ai passé mes meilleures années. Mes sœurs et moi étions réunies, Kaori ne fuyait pas et Kae nous était revenue. Yuki qui me semblait distante a tout de même était très présente. Je pense que c'était cette période que rechigne tous les adolescents qui me l'a fait oublier ; le désespoir, est-ce ça ? Mais en plus d'elle, il y avait toi, et il m'arrive aussi d'imaginer nos journées ensoleillées. Ces sentiments si fort m'ont pourtant perturbés puisqu'ils sont passés aux deux extrêmes eux aussi. Pourtant, tout comme toi, je pense trouver mon juste milieu ; serait-ce l'amitié ? Je le pense.

    _________________________________________Tendrement,
    _________________________________________Riku.


Dernière édition par Sakura R. Harada le Mer 2 Avr - 19:11, édité 1 fois
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Edward P. Rilke
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MessageSujet: Re: CORRESPONDANCE |E+S|   Mar 25 Mar - 10:49

New York.
Le 16 avril 2006.











Ma chère Sakura,

J'enrage. Ta lettre a mis plus d'une semaine à arriver à cause - il me semble - d'une grève. En la lisant, je n'ai pu m'empêche d'être extrêmement inquiet et la colère engendrée par ce retard n'a donc fait qu'augmenter. Tes propos sont donc bien inquiétants, surtout ceux dans lesquels tu décris ta double personnalité ; beaucoup de monde te conseillerait de te tourner vers la psychanalyse, pas moi. J'ai cependant été à l'église, aujourd'hui, pour la première fois depuis une éternité, et je me suis mis à genoux, et j'ai prié. Je ne sais pas pourquoi j'ai prié, d'autant plus que je ne crois pas réellement en Dieu, mais cette agitation qui se répand, mais ces pressentiments que tu as, me préoccupent trop pour me retenir de croiser les doigts. Cela ne coute rien, d'ailleurs, et peut-être qu'après tout les prières mèneront-elles à la salvation.

Qui est ce Lini ? Qui est cette R ? A mes yeux, ce sont les deux personnes capables de te détruire. Tu n'es pas aussi influençable que tu crois l'être : tu manques simplement de confiance en toi. Reprends-toi, je t'en pris, avant qu'il ne soit trop tard, avant qu'effectivement ces barreaux te tiennent tête et ces Détraqueurs te rendent folle. Si L amuse R, il faut que tu combattes R, à tout prix, à tout moment, à chaque seconde, et d'autant plus quand L est proche. Quoi ? Tu as peur ? Moi aussi. Tout le monde. Mais ce n'est pas une raison pour ne pas combattre ces démons intérieurs dont tu me parles : il est nécessaire, absolument nécessaire, que tu t'en défasses. Je ne parle même pas des combats qui se déroulent chaque jour et auxquels tu participes sans doute sans relâche, car je sais qu'eux, tu ne peux pas les éviter. Mais elle, tu peux la retrancher dans un coin de ton esprit si petit, si mince, qu'elle étouffera et te laissera à jamais vivre heureuse - du moins aussi heureuse que possible.

J'ai repensé également à mon adolescence et me suis souvenu de la première fois que je t'ai vue : mon récit va sûrement t'amuser et détendre ton beau visage si crispé. J'étais en septième année, toi en première, et tu faisais partie du large troupeau de nouveaux élèves que j'observais tranquillement. Pourquoi t'avais-je vue toi et avais-je si peu remarqué les autres ? A cause de cette démarche, à la fois incertaine et pleine de confiance, tu vois, une démarche absolument indescriptible puisqu'absolument paradoxale, et dès ce moment-là, je me suis dit qu'il y avait quelque chose derrière cette dualité, quelque chose qui valait la peine d'être creusé, et j'ai regretté qu'il y ait cette distance d'âge. J'ai essayé de t'approcher à quelques reprises au fil de l'année, mais tu étais très bien entourée, dès le début, et tu me rejetais souvent avec un sourire amusé ; qu'est-ce qui m'a autant fait revenir à la charge ? Cette seule minute, cet unique instant de la Répartition. Je sais maintenant que j'ai bien fait, car t'avoir comme amie est la certitude la plus précieuse que je garde. Sache, encore une fois, que tu es une des seules personnes à me donner envie de retourner en Angleterre. Il n'y a, en réalité, qu'une autre personne à m'emplir de ce désir, et c'est quelqu'un qui effectivement était toujours avec toi pendant cette première année de Poudlard : Emmanuelle. Continues-tu à la voir régulièrement ? Embrasse-la de ma part et dis-moi si elle va bien, s'il-te-plaît.

Je souris devant ma feuille mais dès que mes yeux se lèvent vers le miroir, je vois que mon sourire est bien maigre, bien triste. Tes mots m'ont fait l'effet d'un millier de flèches légèrement empoisonnées, j'ai peur pour toi, à la fois pour ta vie - même si connais tes excellents talents de sorcière - et pour ta santé, et pour ton bonheur. J'aimerais être à tes côtés, pouvoir te prendre dans mes bras à la moindre larme, et sécher chaque goutte pour l'empêcher de s'évanouir dans les airs. Fais-moi confiance, je reviendrai, dans deux ans, je serai là de nouveau. Je te le promets.



Je t'embrasse fort.
P
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Sakura R. Harada
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MessageSujet: Re: CORRESPONDANCE |E+S|   Mer 2 Avr - 19:36

    Angleterre.
    30 Avril 2006.


    Mon cher Eddy,
    Je suis navrée du retard que j'ai eu à concevoir cette lettre, mais une mission de la plus haute importance m'a été confiée, et il fallait que je la termine avant toute autre chose. Yuki et moi sommes très épuisées ces derniers temps, étant très demandés, il nous arrive parfois de nous cacher dans un lieu tenu secret. C'est d'ailleurs dans ce même endroit que je trouve, laissant ma plume guider mes pensées. Lorsque je consulte tes lettres (puisque je ne me lasse pas de les relire), j'envisage comme un come back, mais il m'est impossible. Sakura, Riku, peut-importe mon nom, est loin de pouvoir réapparaître. Je n'aurais jamais songé que du haut de mes onze ans, j'aurais pu t'impressionner, je n'étais qu'une petite sorcière, déjà névrosée et engloutie par des songes désespérés ; mais pourtant, je souriais. Je ne saurais décrire un tel spectacle une seconde fois.
    Le temps est proche. Alors que les plans se dessinent doucement, je sens la fin approcher à grand pas. Je ne peux t'en dire davantage, les révélations que je pourrais éviter d'omettre pourrait te mettre en danger ; chose que je ne veux pas.
    Emmanuelle... Non, ça fait bien longtemps que je n'ai pas pu croiser son regard. Elle me manque énormément, mais depuis cette histoire avec mon pè.. enfin, avec Hikaru, je ne peux me résoudre à la contacter. Tu te rends compte ? C'est tout de même ma meilleure amie, mais j'ai peur, malgré la mort de mon géniteur qu'elle risque un quelconque danger en ma présence. Je la sais pourtant forte, très forte même, mais je n'ai jamais eu confiance facilement, cette histoire me fait parfois perdre les pédales. Mais je sais qu'un jour prochain, nous serrons enfin réunie. C'est ce qu'on appelle communément le destin, n'est-ce-pas ?
    Je ne sais si ces prières vont t'aider, je n'ai moi-même jamais eut une vraie foie en Dieu, mais si elles s'avéraient utiles, j'en remercierais ce soit-disant seigneur qui pourtant n'a jamais rien fait en ma faveur. Alors que je sens la fin de mon règne se rapprocher, je sais qu'il avance vers moi. Oui, Lini. Je ne saurais te le décrire, mais c'est une personne juste ayant un grand pouvoir. Si jamais je devais perdre la vie, si jamais je devais me faire enfermer loin de vous, je voudrais que ce soit de ses mains. Il m'attire et à la fois me repousse. Je ne pourrais croire en lui mais je me laisserais facilement guidé dans ses abysses. Rei ne l'apprécies pas de la même manière, au contraire, elle le voit comme une gêne – ce que je comprend tout à fait – comme quelque chose qui nous tâche, qu'il faudrait exterminer. Mais à chaque fois, je ne sais pourquoi, il m'est impossible de lui priver de son sang, de sa vie. Rei est aussi impuissante, peut-être puis-je la contrôler ? Je n'en serais pas tout aussi sûre. Je préfère m'abstenir, j'ai besoin d'elle autant qu'elle a besoin de moi pour l'instant. Je veux finir d'accomplir mon destin avant toute chose ; c'est important.

    Je te dis donc à très bientôt, dans deux ans, mon Eddy,
    Excuses-moi de faire court,
    Je t'embrasse.
    Riku.
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MessageSujet: Re: CORRESPONDANCE |E+S|   Jeu 3 Avr - 8:28

San Fransisco.
3 avril 2006.








Ma si chère Sakura,

Tu me parles d’une mission et m’inquiètes d’autant plus du même coup. Je suppose que tu ne peux pas me dire de quoi il en retord, mais donne-moi des indices, car la préoccupation m’envahit. Yuki va-t-elle bien ? Nous ne nous entendons pas spécialement bien mais je sais que tu tiens à elle et ça me suffit pour m’inquiéter également à son niveau. J’exige de toi que tu restes en vie, que tu te défendes, contre n’importe quelle ombre ou n’importe quelle lumière : si tu dois te dissimuler, dissimule-toi, et fais-le bien.

Tu as dû remarquer que je t’écris de San Fransisco et non pas de New York. Cette semaine est en effet une semaine de vacances aux States et je suis retourné à San Fransisco, qui est la première ville où j’ai enseigné, l’année de mon arrivée. Heureusement – et j’en remercie le Ciel – j’ai récupéré ta lettre le matin de mon départ, ce qui m’a permis de la lire pendant le court voyage en avion, et puis de la relire dans le taxi et de la reprendre et même de l’apprendre dans le chemin entre l’hôtel et la mer. J’ai pu y penser dans mon recoin favori, où je passais déjà le plus large de mon temps, face aux vagues et où le fragile soleil du printemps a éclairé tes mots et ma réflexion. Cela m’a menée à une considération nouvelle : j’ai dit que je resterais encore deux ans, et je dois m’y tenir, car c’est un engagement personnel extrêmement important, mais mon cœur aimerait que je parte aussitôt te retrouver pour moi-même t’enfermer quelque part et te protéger. Ma tête, cependant, me confie que tu ne serais pas heureuse si on t’enfermait dans une bulle de verre, loin de l’ensemble du monde. Je le sens. Je le sais. Peut-être est-ce pour cela que notre histoire a fini par exploser. Ou peut-être tout simplement parce que toute passion finit par se détruire d’elle-même. Heureusement que nous avons maintenu contact : que ferais-je sans toi ?

Emmanuelle. Tu ne sais pas comment elle va et tu ne cherches apparemment pas à t’informer. Même si pour le moment tu es dans un lieu dont tu ne peux rien me dire et dans lequel tu dissimules, tu as des contacts à l’extérieur qui pourraient t’informer sur son état, et si je dois te demander ne serait-ce qu’une faveur, ce serait justement d’en savoir plus. Tu sais combien je tiens à elle depuis toujours, alors je t’en prie, fais-le pour moi.

Destin. Je ne sais s’il existe, si ces mots inscrits sur un parchemin ou si la prévision de nos vies comme une prévision météorologique existe, mais il me semble que certains sont prédestinés, effectivement, à avoir des vies hors du commun. Tu fais partie de ce lot là ; pas moi. Aussi étrange que cela puisse paraître, je me complais dans une certaine médiocrité qui me permet d’assouvir mes envies et d’approfondir mes passions. Toi, au contraire, tu t’es sortie de la passivité et je ne sais exactement ce que tu fais, mais ce doit être quelque chose comme te battre, tuer, te faire blesser, te dissimuler, et tout recommencer. On dirait les films qu’on voyait, enfants, quand on s’échappait du château pour aller au cinéma moldu. Et ce simple souvenir réussit à me réjouir, alors que la simple pensée que tu sois en danger fait battre mon cœur d’une autre manière. Serait-ce de la peur ?

Je t’en prie.
Prends soin de toi.

E

PS : Si tu tiens à moi autant que tu le dis, débrouille-toi pour m’en dire plus, la prochaine fois. Qui pourrais-je informer, de l’autre côté de l’Atlantique ? Ah, et parle-moi plus de Lini : y’a-t-il personnage plus inquiétant ?
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CORRESPONDANCE |E+S|
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